projetcandombe

Bilan...

Jeudi 15 février

Journée de pluie, je vous l'avais annoncé. Février est le mois le plus inconstant au niveau du climat. Pluie, soleil, froid et chaleur peuvent se succéder dans une même journée. Pour nous ce n'est pas plus mal, surtout pour moi. Ces jours-ci sans écrire je me suis reposée et j'ai essayé de prendre un peu de recul afin de voir le travail effectué.

Quand est-il? C'est pas facile de vous dire.

Je suis dans une étrange position ici moi...Il y a bien longtemps que je n'ai pas parlé de moi. Souvenez-vous, qu'est-ce-que le projet Candombe? Il nait avec "TRINIBOA, la rue est un livre" en 2004, "Montevideo, je retrouve ses rues et ses gens", (cf début du film). Ce qui veut dire que depuis 2004 ma vie tourne autour de ce projet... "C'est mon fils ma bataille...".                             À tous ceux qui ont vécu de près ou de loin la soirée à la Biscuiterie et bien ceci représente 10X plus de boulot, de responsabilités, d'inconnu, de croches-pieds. De plus, l'implication identitaire, bien qu'assumée, "pertourbe" mon comportement. Les deux cultures s'entremèlent, se complétent et s'entrechoquent un peu comme dans la chanson de Daniel Viglietti "Las agujas del reloj"

 

Las agujas de un reloj

(Daniel Viglietti)

Esdrújulo [Cancionero de Daniel Viglietti]


Las agujas de un reloj se inauguran, se saludan,
se persiguen, se adelantan, se consiguen, se anochecen,
se iluminan, se desvelan, se seducen, se retardan,
se acarician, se cohabitan, se poseen y se exploran,
se enamoran.

Las agujas de un reloj se despiertan, se trabajan,
se vinculan, se enardecen, se entrecruzan, se aguijonan,
se compiten, se onanizan, se resisten, se interrogan,
se lastiman, se dan vuelta, se equilibran, se perdonan,
se dan tiempo.

Las agujas de un reloj se concilian y se atascan,
se emparentan, se entrelazan, se embarazan, se infidelan,
se anteponen, se desatan, se penetran, se rebelan,
se oscurecen, se ladean, se separan, se detienen,
se dan cuerda.

Las agujas de un reloj mimetizan, desesperan,
se dan cita, se discuten, se saturan, se pelean,
se nostalgian, se emparejan, se erotizan, se retienen,
se liberan, se involucran, se coinciden, se cuestionan,
se tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac,
se relojean.

Las agujas de la vida,
vos y yo.

"Labuela" si tu peux nous traduire ça, on serait bien content...         

Bref, vous comprendrez facilement qu'ici, vie personnelle et projet professionel courent , plongent et rament main dans la main. Ce qui signifie que le projet dépend entièrement de mon humeur et que donc l'Equipe dépend de mon humeur !!!! Tous les pros vous le dirons, "erreur fatale !". Mais comment fait-on les choses avec coeur, passion tout en séparant la vie personnelle de la vie professionnelle? Allez, les expérimentés, aidez-moi, je sais que BEAUCOUP d'entre vous pourrons glisser ici un conseil ou deux. Je vous sollicite parce que c'est pas toujours évident de se rassurer, ou de se poser les bonnes questions. Le projet avance, nous avons vécu d'incroyables rencontres, de beaux moments et trouver beaucoup de réponses à nos  questions. Mais nous vivons également des frustrations, des remises en questions, des désaccords et le fait de porter ce projet dans mes trippes m'encombre l'esprit et ne laisse pas suffisemment d'espace aux autres. Par chance, notre amitié nous rend plus forts que les mauvaises surprises que peut parfois cacher l'esprit humain...

N'ayant pas trouver William la veille, je l'ai pisté au téléphone toute la journée, une fois retrouvé nous lui avons donné l'ordre de ne pas bouger et sommes allés le chercher au Q.G. L'ambiance y était féminine, les danseuses en plein tri de costumes avec Cristina.

 

Roberto dort, Nico écoute un peu de musique, les femmes envahissent le salon...

  

Foot, bière et politique: devise uruguayenne...

De notre côté, c'est relâche, avec mes 5 compatriotes, nos hôtes et William. Prémisse à la maison avec un peu de Caïpiriña (grande découverte pour moi, vive la Cachaça). Les pieds se chauffent, il ne manque plus que la Zic et la piste de danse...

 

Cette soirée nous a fait beaucoup de bien à tous et nous n'avons presque pas parlé de Candombe. Oui parce qu'il paraît qu'il n'y a pas que ça dans la vie. Nous n'avons pas non plus parlé du thème de la voiture, nous savons que William est très mal avec cette histoire. Mais ce soir c'est fête... Direction "El Zabache" pour une soirée Samba, avec de la musique en direct. Je n'avais jamais osé danser la Samba (ni aucune autre danse d'ailleurs), mais là il était impossible de résister, les pieds sautillaient tout seuls. Nous nous sommes défoulés et ça fait un bien fou. La nuit aurait pu être douce et profonde... mais... Paska prenait le bus à 7h, direction Buenos Aires, pas question de perdre du temps, nuit blanche pour les filles...

  

 

            

 

Vendredi 16 février

...et ça continue donc... Balade matinale dans Montevidéo avec la volonté de faire des prises de vues...

 

   

...danser la Samba ou devenir une star je choisis la Samba et je fais la star...dans mes rêves. En parlant de star, je vous annonce que dimanche nous sommes invités à un programme télé, sur une chaîne cablée de Montevideo, "TV libre", le programme s'appelle "El Espejo", dimanche après 16h (19h chez vous). Il existe certainement un moyen de regarder via internet, nous vous en dirons plus dès que possible.

Mathieu et Ludivine ne peuvent pas passer par Montevidéo sans rencontrer TRINIBOA, et coup de bol, ce soir ils avaient un "Tablado"; on appelle ainsi les scènes de quartiers installées pour le Carnaval, juste à côté de chez nous... Il y a je crois une certaine fierté chez nous lorsque nous leur présentons tous nos amis du Q.G et plus grande encore est la fierté lorsqu'ils apparaissent avec toutes leurs couleurs et toute leur magie.


Cristina surveille...

 

 

Vos commentaires

1 Le Samedi 17 Fevrier 2007 à 10:49 GMT+2, par fede

Bonjour à tous ....pas facile d'avoir du recul quand on a le nez sur le gateau. Votre immersion a été totale, votre investissement à 100%, sans demi mesure, sans retennue, vous avez joué le jeu parceque il n'y que comme ça que l'experience vault la peine d'être vecue, (c'est ce que l'on constate qu'on lit le récit de vos journées). Alors pas étonnant que ce soit le guay dans vos têtes. Il faudra peut être un peu de temps (et de distance) pour digerer tout ça. Des big bisous à Pacaud; Dan a raison Montevideo est devenue trés tendance, qui accueille les célébrités les plus en vue du Sud de l'Aisne. Tia tu sobrino est passé au grand lit, demain dimanche ce sera sa premiere nuit. Il ya des chances qu'on le retrouve sur le tapis de sol, hiiiiiiiiiii!!! Allez courage à vous et à trés bientôt.

2 Le Samedi 17 Fevrier 2007 à 10:52 GMT+2, par fede

"(c'est ce que l'on constate quand on lit le récit de vos journées)"
j'ai mis du blanco mais ça marche pas.....

3 Le Samedi 17 Fevrier 2007 à 18:13 GMT+2, par Bernardo

Frustrations ?
Je dirais que c'est plutôt bon signe... et ce n'est que le début.
"Le plaisir est dans la frustration" m'a dit un jour un producteur lorsque je lui disais qu'il ne m'accordait pas suffisamment de temps pour mon film. Ce n'est pas vrai, mais pas totalement faux...

4 Le Samedi 17 Fevrier 2007 à 18:25 GMT+2, par Bernardo

Bon mon commentaire est parti d'un coup... sans crier gare...
Je poursuis donc...
Le montage qui va suivre le tournage sera encore pire, côté frustrations... mais c'est le résultat final, celui que les autres vont voir, ce sont leur réactions aux images qui concrétisera cet énorme travail que représente ce projet...
Parfois on a le sentiment qu'on en fait trop, qu'on se complique la vie, mais si on en ressent le besoin, c'est que c'est nécessaire... Quand on se donne à fond dans un projet, personne, ni soi-même, ne peut faire le reproche de ne pas en faire assez...
Allez Micaela, tu sais bien que tu mèneras ce projet à terme, avec le caractère que l'on te connait... Les aiguilles de l'horloge se croisent, mais ne se freinent pas... le temps continue et ici, le printemps arrive...

5 Le Lundi 19 Fevrier 2007 à 02:10 GMT+2, par Puño

Bon, je viens de me faire kidnapper par le gang San Salvador, on se trouve a environ 2 heures de camion de Rosario, Arteagas j ai cru entendre... donc j essaie m echapper des que possible. D ailleurs je dois filer.
A++ et courage, il est en retard ce blog!!
Besoss
Paska (rebaptisee Puño, me demandez pas pourquoi...)

6 Le Lundi 19 Fevrier 2007 à 17:22 GMT+2, par gus

je pense que Bernardo à raison, l'éxpérience ne peut se vivre sans problèmes surtout lorsque plusieurs personnes, isolés de leurs contextes habituels, loin de la France t'accompagne, je me souviens nos petits coups de sang et incertitudes que nous avions vécus au premier voyage, c'est naturel mais toi; Mic tu à la capacité de fédérer les équipes, c'est pas un statut facile non plus, tu l'expliques bien toi même, mais c'est aussi une force d'avoir ce projet et de le monter avec une bande de potes, c'est plus soudé que si tu avais monté le truc avec une équipe technique de là bas qui on leur vie, pour moi il y à quelques années j'aimais cette idée d'"immersion totale au projet", c'est même ce que j'ai le plus apprécié, mais moi (avec Kévin) je n'avais pas la connaissance du pays comme toi tu l'à avec tes trippes, et l'amour que tu lui portes, je pense que ce projet est unique en ça et qu'il faut savoir communiquer tes doutes au mieux...
Gardez la force mes gens, je suis de tout coeur avec vous.

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